Je me retourna et lui répondit :
« Oui c'est à moi » je m'empara de l'objet et l'emballe soigneusement dans du papier bulle afin de ne pas la casser.
Après avoir vu Nono et Peter, Luis avait voulu revoir entre autres, Jamie et Lyn. Nous attentions juste de savoir comment Dan réagirais à la grossesse de Titi, même si on pensait tous qu'il serait heureux et qu'il sauterait au plafond.
Là, on était, Lyn et moi, chez Alvaro. J'étais venu récupérer toutes mes affaires afin de les ramener avec moi à Madrid. Avec Luis, on avait décider de se relancer dans une histoire. Nous en avions longuement parlé la nuit dernière et, finalement à force de trouver des excuses pour se dire que c'était peut être pas une bonne ide nous avions fini par avouer à l'autre notre envie de recommencer.
Comme il fallait qu'on rentrer le soir même à Madrid, j'était venu avec Lyn à mon ancienne maison pour récupérer mes biens.
Pour cela, il avait fallu que je supplie Lyn qui était pas très partante pour venir avec moi, surtout si, Alvaro débarque et qu'une énorme dispute éclate entre nous deux.
Evidemment Alvaro n'était pas présent. J'avais l'impression d'être une voleuse, mais, si j'avais choisi de venir sans qu'il soit là c'était tout simplement pour l'éviter.
« Je me sens pas très à l'aise » fit Lyn en montant les escaliers, « j'ai l'impression d'être un flic dans les experts qui fouille chez quelqu'un ! »
« Moi non plus pour te dire la vérité, mais il faut que j'évite Alvaro »
Lyn soupira. Je sourit.
« Je peut comprendre que tu veuilles éviter Alvaro mais de la à me faire venir... »
« Mais on aura plus vite fini à deux » la coupais-je en lui prenant le bras afin qu'elle monte les escaliers plus vite.
En effet, il avait fallu que je sorte les armes pour convaincre Lyn de venir avec moi. Pas facile !
Je m'engouffra dans mon ex-chambre à coucher, je m'arrêta quelques secondes et observa l'immense lit, le placard encastré, qui était grand ouvert, le poste de télé écran géant, de la poussière trônait sur l'écran.
« Pfff.... regarde moi ça » dit-je tout bas en passant un doigt sur la télé
« Hey ma vieille, tu n'est pas femme de ménage » Lyn me dit cette phrase sur un ton pressant mêlé de ''compassion'' envers Alvaro
« Je m'en veux quand même »
« Tu as agit en fonction de ce qui fallait faire » me réconforta Lyn en me prenant les épaules et en me faisant un grand sourire .
Je sourit timidement. Les paroles de tout le monde me feront pas oublier le mal que j'aurais fait à Alvaro, car malgré tout, ce qui ce passait entre nous était de ma faute, et la faute à Luis aussi, mais ça hors de question que je l'admette devant tout le monde. Si je n'avais pas passer une nuit avec Luis rien ne se serait passer et il n'aurait pas fallu dépenser une somme effroyable dans une Saint Valentin à Moscou qui avait été censer reconstruire notre relation. Tel était mon argument.
Je commença à arpenter le placard encastré afin de vérifier si je n'avais pas oublier des fringues. J'ouvris un tiroir et découvrit quelques vêtements à moi, Alvaro avait du faire le tri et les ranger afin de ne plus les voir. Je les pris et les envoya dans le sac poubelle, je les laverai à Madrid...
Ensuite je quitta la chambre et referma la porte derrière moi et je me dirigea vers la salle de bain.
Lyn s'y trouvait. Dès que j'entra dans la pièce elle me dit
« Je veux pas te faire paniquer mais j'ai entendu une voiture et... »
« Oh non, merde, viens » coupais-je Lyn en la saisissant par le bras
Je l'entraîna dans les escaliers :
« Et, tu ne vas pas me faire croire qu'Alvaro n'a pas vu la voiture de Jamie et qu'on va pouvoir s'enfuir par la porte de derrière ! »
« Il n'y a pas de porte de derrière ! »
Arrivées en bas des escaliers j'entraîna Lyn dans la cuisine
« On va pas se cacher dans le bar, mais seulement si on est à la cuisine Alvaro va croire qu'on vient d'arriver »
« Avec un sac presque rempli ? »
Euh... Alvaro entra quelques secondes plus tard les clés de sa voiture à la main et un sac de supermaché dans l'autre.
Lorsqu'il nous vit, il stoppa net. Surpris de me voir, surtout de voir Lyn avec moi, il posa avec un calme pas très rassurant ses clés et le sac de provisions sur le bar. Je m'attendais à ce qu'il s'énerve même pas... Il semble plutôt calme, enfin pour l'instant
« Euh... je suis juste venu récupérer mes affaires » dit-je au bout d'un moment pour briser un silence plus que gênant et pour justifier notre présence dans la maison.
« Ça fait longtemps que t'es là ? » me demanda t-il sèchement en posant les yeux sur le sac poubelle que je tenais derrière moi.
« Un moment déjà mais je n'en ai plus pour longtemps »
Alvaro haussa les épaules et salua Lyn.
Lyn, qui avait senti le malaise s'installer se pencha vers moi et me dit :
« Excuse moi mais je vais aller t'attendre dans la voiture ok ? »
Je fit un oui de la tête, puis elle sourit à Alvaro et se dirigea vers la sortie.
Le silence s'installa. Finalement, je pris place sur un des tabourets du bar et regarda Alvaro. Il s'installa en face de moi et me demanda tout en attrapant ses clés et en commençant à les trifouiller nerveusement :
« Je pense que tu es retourné à Madrid quand tu es parti ? »
Il parlait calmement mais avec reproche.
« Oui... » répondit-je le plus bas possible
« J'ai été blessé en découvrant que tu était parti, tu as mal agi Audrey, j'ai pas l'impression que tu as été sincère ! »
Je ''survola'' la deuxième partie de ses paroles, Alvaro disait n'importe quoi, j'avais été sincère, enfin... je pense, si il fait allusion à ce que j'ai écrit dans la lettre tout est vrai mis à part les deux premiers mots ''mon chéri''
« J'ai fait ce que je croyais être le mieux et... en nous voyant je pense que j'ai fait ce qu'il fallait » réussie-je à dire.
« Tu as fait ce qu'il fallait pour toi, et même si je t'en veux beaucoup je te souhaite d'être heureuse... avec Luis »
Je garda le silence cette fois. Lui, il jouait toujours avec ses clés, ce qui commençait fortement à m'énerver.
C'est vrai que j'avais penser à moi avant le nous. C'était égoïste et en même temps ce qui était bien pour moi l'était aussi pour Alvaro. Il ne pouvait pas dire le contraire sur le fait qu'entre nous un truc avait cassé.
« Si je suis venu sans rien te dire c'est pour éviter une dispute inutile » avouais-je en le regardant
Il rigola légèrement. Je me sentie toute bête d'un coup, bon, OK je faisait pas preuve d'un grand courage en venant au moment où il était pas là.
« Et... tu vas faire quoi maintenant ? » demandais-je à Alvaro en évitant son regard cette fois
D'un coup je regrettas presque de lui avoir poser la question.
Pour toute réponse il haussa les épaules et embrassa la pièce du regard, en face de lui, se trouvait le salon autrefois superbe avec toute la décoration, aujourd'hui il semblait fortement pas accueillant et extrêmement laid.
Je tenta une nouvelle fois ma question en la reformulant d'une autre manière plus directe :
« Tu comptes vendre la maison ? »
Si parfois je manque de tact, là j'y suis peut être aller un peu fort !
« Non je pense pas » répondit-il calmement
Ok, dit que t'as pas de souvenirs tant qu'on y est !
Il restait très brève dans ses réponses, de toute évidence le fait de partager une conversation avec moi ne l'enchantais guère. Vallait mieux que je finisse de reprendre mes affaires et de partir le plus vite possible.
Le portable d'Alvaro sonna à ce moment là, je me leva en même temps que lui et me dirigea vers les escaliers, il me restait plus que la salle de bain que j'avais pas faite.
Comment réagissait vraiment Alvaro ? Difficile à dire, il était calme, trop calme par rapport à l'homme que je connais. Oui. Parce que derrière son côté timide et gueule d'ange il a du caractère. Malgré tout je pensais que au lieux de se quitter comme deux ennemis on pourrait se comporter comme des adultes et se quitter en de bons rapport. Une idée assez vague et pas sur d'arriver à la concrétiser.
Je poussa la porte de la salle de bain et entra, l'immense salle de bain dont tout le monde rêve, avec tout ce qu'il faut comme équipement, et qui a sa place dans la vie d'un footballeur de haut niveau mais qui reste étonnamment grande pour juste deux personnes, enfin une personne...
Je savais qu'il me restait des choses à prendre, mon lisseur qui me manquait fortement depuis plus d'une semaine et que, comme une gourde, j'avais réussi à oublier... Tss
Il me restait pas mal de maquillages, et d'affaires pour les cheveux. Mine de rien, l'est grande cette salle de bain, il y a du bordel.
Avec du mal je réussi à mettre le sac à dos où se trouvait mon maquillage dans le sac poubelle et à fermer ce dernier sans qu'il craque.
Avec du mal, toujours, je descendit les marches avec mon encombrant déballage.
Alvaro était toujours assis à la même place, je posa doucement le sac poubelle à terre et enfila mon manteau.
« J'ai fini » disait-je en même temps « normalement j'ai rien oublier »
« Si t'as oublier quelque chose je t'y enverrais par la Poste dans ton cher Madrid » dit-il avec une énorme pointe d'ironie qui ferait pâlir une panthère.
« Oh je t'en prie » fit-je d'une voix calme « Si on essayais de se quitter en bon terme ? »
Ma question ne semble pas être la bien venu parce que le regard que me jeta Alvaro me fit tressaillir
« Tu sais... » commença t-il « ... En général tout ce termine plutôt bien avec mes ex mais elles m'ont jamais fait autant de mal que toi »
J'accuse le coup. Cette fois je n'ai plus qu'une envie : voir Luis et le serrer contre moi. Alvaro à un sale caractère mais malgré tout ce qu'il me balance je l'aime bien.
« Tu m'énerves Alvaro et puisque tu parles de tes ex, j'en ai rencontrer une avant Moscou, et puisque t'as l'air de t'entendre plutôt bien avec elle t'as qu'a renouer »
Hop ! Mon grand, ramasse tes billes maintenant ! J'aurais au moins le mérite d'avoir essayer de rétablir une petite trêve, un peu de sympathie. Mais en vain.
Sans un regard de plus je prit mon sac poubelle et sortit en prenant bien soin de claquer la porte derrière moi. Na. Quand femme s'énerve, femme s'énerve.
Je posa le sac poubelle sur le sol de la chambre et rejoignit Luis dans la cuisine.
Nous venions juste de rentrer de Liverpool et le départ avait été dur, je n'avais pas vue Titi et Dan ni Liz et Xabi. Intérieurement je me promis de les appeler très vite. Pour savoir comment se comportait tout se petit monde et en ce qui concerne Titi et Dan, parler un peu du bout de chou qui allait naître dans... 7 mois su je compte bien.
Je pris le verre que me tendait Luis et but une gorgée. J'aime pas trop la Sangria bébé.
« Alors » commença Luis « comment ça c'est passé avec Alvaro ? »
En effet, je ne lui avait toujours pas dit. Après être parti de mon ancienne maison, j'avais rejoins Lyn qui m'attendait dans la Range Rover de Jamie, je lui avait raconté ce qu'on s'était dit avec Alvaro. Puis elle avait démarrer en direction de chez elle. Durant le trajet, nos conversations avaient dérivées sur des sujets plus joyeux, le bébé Agger.
Arriver à destination, nous avions rejoins Luis et Jamie en grande conversation dans le salon tout en jouant à cette fameuse PS3. J'avais bien rigolé en les découvrant, encore plus en voyant Lyn roulé des yeux, Jamie l'avait nettement charriée comme à son habitude. Tant de complicité régnait dans ce couple.
Là, je n'avais rien dit tout simplement parce que je n'avais pas envie d'en parler. On avait dîner chez les Carragher et ensuite nous étions parti en direction du John Lennon Airport pour embarquer direction Madrid. Dur de dire au revoir à Liverpool, je viendrais à Liv dès que je pourrais, le plus souvent possible.
« Pas très bien » répondit-je à Luis en rebuvant une gorgée d'apéro.
Non, décidément la Sangria j'aime pas.
Je posa mon verre sur l'évier raconta tout à Luis.
« Alvaro a beaucoup changé, si avant il se serait énervé là, il est resté étonnamment calme, ses phrases étaient bien plus blessantes par contre, et il ne veut pas juste essayer de me pardonner ne serait-ce qu'un peu. Je lui demande pas d'aller me décrocher la Lune juste d'essayer d'installer une trêve du moins qu'on se quitte sur de bons rapport. Il est borné sur ce coup là, je peux pas vraiment lui en vouloir, je comprends en partie sa réaction mais au moins j'aurais essayer »
Luis me regarda avec des yeux qui reflettaient de la compassion :
« Aller te tracasse pas pour ça, je suis là moi hein, je serais toujours là ma Puce »
Il me pris dans ses bras et me serra fort tout contre lui.
Après tout il avait raison, tant qu'il est là...
Le lendemain, j'avais passer la journée à ranger mes affaires, le sac poubelle n'étant pas très esthétiques. J'avais lancé une grosse machine, mes fringues sortant tout droit d'un sac poubelle...
Plus tard dans la journée je m'étais mise à mon activité pas favorite du tout : le ménage, pour me donner de l'entrain j'avais enclenché le lecteur CD. Là, assise, ou plutôt, affalée, dans le sofa j'attendais que Luis rentre de son entraînement.
Je commençais à m'endormir lorsque la porte s'ouvrit. Il posa son sac par terre.
« Tout va bien bébé ? »
Il me déposa un baiser sur le front avant de me dire tout en prenant place dans le canapé :
« Viens voir »
Je le rejoignit et me blottit contre lui, puis il respira un grand coup avant de me dire :
« Je pense que je vais quitter Madrid »

